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LA PALETTE ENCHANTEE (Joué Les Tours,37)

L’appel à l’aide de La Palette enchantée

mardi 18 février 2014, par Maryvonne

L’appel à l’aide de La Palette enchantée

La maison d’assistantes maternelles a sollicité à plusieurs reprises une aide de la Ville. En vain. Aujourd’hui, les difficultés financières menacent l’association.

Isabelle Leite, Affifia Hamou-Mamar et Bénédicte Beignon, les trois assistantes maternelles de La Palette enchantée.

Depuis deux ans, l’association La Palette enchantée accueille douze d’enfants dans un appartement loué boulevard Gambetta. Pour les encadrer, trois assistantes maternelles désireuses d’offrir un accueil collectif se rapprochant de la crèche. « Nous avons souhaité répondre à une demande des parents, surtout à Joué où les places en crèches sont rares, explique Affifia Hamou-Mamar, l’une des trois assistantes maternelles. On propose un accueil simple et convivial. »

Cette Mam (1) – la seule aujourd’hui à Joué-lès-Tours – a rapidement trouvé son public. Le bouche à oreille aidant, la capacité d’accueil (2) est toujours atteinte. Et la liste d’attente s’allonge. Bref, c’est un vrai succès.

Risque de fermeture

Tout irait pour le mieux si La Palette enchantée ne devait faire face à de sérieux problèmes financiers. Charges et loyer en hausse, taxe d’habitation, dépenses imprévues comme ce lave-linge en panne… la situation se tend à tel point que les trois assistantes maternelles en sont régulièrement de leurs poches pour couvrir les dépenses de l’association. « On ne s’attendait pas à ce que ce soit aussi dur, reconnaît Isabelle Leite, présidente de La Palette enchantée. On n’arrive même plus à renouveler le matériel, les livres… » Face à cette situation, les trois assistantes maternelles ont sollicité à plusieurs reprises l’aide de la Ville. « Au départ, on a reçu du matériel, mais depuis, plus rien… » ajoute Isabelle Leite, qui regrette les courriers et coups de téléphone restés sans suite. « A Montbazon, la Mam est subventionnée (lire ci-dessous). Pourquoi pas à Joué  ? » Elle souligne aussi qu’une place en Mam revient beaucoup moins cher à la collectivité, et donc au contribuable, qu’un accueil en crèche collective (3). « Nous nous sentons abandonnées, la Ville fait la sourde oreille alors que nous offrons un service aux Jocondiens », conclut Isabelle Leite, qui n’exclut pas une fermeture de l’association.

(1) Maison d’assistantes maternelles. (2) 12 enfants à raison de quatre par assistante maternelle. (3) Le coût pour la Ville d’un enfant accueilli en crèche oscille entre 5 et 6 euros par heure (en déduisant la participation des parents, les aides de la Caf, du conseil général et les subventions diverses).

réactions

" Une aide financière pourrait créer un précédent "

Marie-Dominique Boisseau, maire-adjointe en charge de la solidarité, a tenu à rappeler que les représentantes de La Palette enchantée avaient été reçues à plusieurs reprises au début de leur installation. Mais pour la vice-présidente du conseil général, les Mam ne peuvent pas être considérées comme des « accueils collectifs classique ». « Se pose notamment la question du remplacement de l’assistante maternelle quand elle est malade. En crèche collective, tous les remplacements sont assurés. » Si elle ne remet pas en cause le professionnalisme des assistantes maternelles, l’élue considère également qu’une « participation financière à une Mam (privée) pourrait créer un précédent et générer d’autres initiatives. Sans compter que ce serait délicat vis-à-vis des assistantes maternelles indépendantes ». Du côté de l’opposition, le son de cloche est bien différent. Frédéric Augis, conseiller municipal et candidat de la droite et du centre aux élections municipales, s’est ouvertement positionné pour le subventionnement des Mam, la proposition figurant dans son programme de campagne  : « Il ne faut pas opposer public et privé. Les Mam ne sont pas en concurrence avec les crèches collectives, elles sont complémentaires et offrent un service supplémentaire aux familles jocondiennes. On peut leur attribuer 1.000 ou 2.000 € au titre de l’association. »

La question

A quand remonte la création des maisons d’assistantes maternelles ?

Depuis 2010, les assistantes maternelles ont la possibilité de se regrouper en association afin d’exercer leur métier en dehors de leur domicile. Ce type d’accueil, à mi-chemin entre la garde à domicile et la crèche collective, leur permet de rompre l’isolement. Les Mam permettent à quatre assistantes maternelles au plus d’accueillir un maximum de quatre enfants chacune. Bien entendu, le local fait l’objet d’un contrôle de la protection maternelle et infantile. Sur le plan du fonctionnement, les parents paient les assistantes maternelles tandis que l’association gère les frais de fonctionnement (loyer, charges, matériel…).

Nicolas Rimbaux

Source : Article du 18 février de la Nouvelle République.fr